Un contrat de franchise, dans les faits, n’a pas forcément besoin d’être signé.
Nous avons eu l’occasion d’évoquer le sujet des droits d’entrée versés suite à un contrat de franchise signé et face à un candidat qui se rétracte (cf. archives de notre lettre). Ici le cas est différent : pas de contrat signé mais, et ce n’est pas la première fois, une appréciation extrêmement pragmatique de la situation par les magistrats, tant en première instance qu’en appel.
Dans ce dossier et confirmant au final un jugement de première instance, la Cour d’appel de Chambéry s’est prononcée au sujet d’une rupture survenue entre un commerçant et une marque à propos de la rentabilité de leur projet, avec en particularité notable : un contrat de franchise qui n’a jamais été signé entre les parties.
Historiquement les parties s’étaient rapprochées en 2016 pour envisager l’installation de deux boutiques à l’enseigne. La première ouvre en mars 2018 après d’importants travaux de mise au concept, mais le chiffre d’affaires réalisé s’étant avéré plus faible que les prévisionnels établis, la société exploitante la ferme le 30 septembre suivant, six mois seulement après le démarrage. La société exploitante a ensuite assigné l’enseigne en justice en décembre 2018 pour dol, estimant son appréciation de la rentabilité viciée par les informations transmises par l’enseigne.
Finalement la société demanderesse est placée en liquidation judiciaire en octobre 2021.