Respect de la vie privée et nullité d’un licenciement
L’employeur ne peut contacter le médecin traitant du salarié pour obtenir des informations couvertes par le secret médical, sinon il porte en effet atteinte au droit au respect de la vie privée. Dans un arrêt du 10 décembre, la Cour de cassation assortit cette interdiction de la sanction maximale, en jugeant que la rupture fondée, même en partie, sur les éléments ainsi recueillis est nulle en raison de la violation d’une liberté fondamentale.
La Cour de cassation accorde aux salariés une protection particulière contre toute intrusion de l’employeur dans leur vie privée. Elle sanctionne ainsi par la nullité, le licenciement fondé, ne serait-ce qu’en partie, sur des éléments relevant de l’intimité de la vie privée. La vie privée du salarié englobe son état de santé et en particulier ses relations avec son médecin traitant, protégées par le secret médical, ajoute la chambre sociale dans un arrêt du 10 décembre.
Conséquence : l’employeur ne peut contacter le médecin traitant du salarié pour obtenir et utiliser des informations couvertes par le secret médical. Cette violation d’une liberté fondamentale emporte à elle seule la nullité du licenciement fondé sur les données ainsi recueillies, quand bien même d’autres griefs légitimes seraient invoqués par l’employeur.