Un pacte d’associés conclu sans terme exprès
Dans une affaire soumise à la Cour de cassation, un pacte d’associés est conclu en 1997 entre un associé majoritaire personne physique et un associé minoritaire personne morale. Un article du contrat prévoit que le pacte restera en vigueur tant que l’associé majoritaire et sa famille détiendront 51% ou plus du capital du groupe à la tête duquel est la société. En revanche, aucune durée ou date précise de fin du pacte n’est fixée.
Après le décès de l’associé majoritaire en 2000, sa participation est transférée à ses successeurs. Puis, en 2017, l’associé minoritaire personne morale est absorbé par une autre société.
Un an plus tard, les successeurs de l’associé majoritaire décident de résilier le pacte d’associés et notifient leur décision à la société absorbante, nouvel actionnaire minoritaire. Cette dernière assigne les successeurs afin de voir annuler cette résiliation.
Pour la cour d’appel, c’est un contrat à durée indéterminée résiliable unilatéralement :
Pour la cour d’appel, le pacte litigieux n’avait pas de durée déterminée.
Les juges relevaient en effet que l’acte en lui-même ne contenait aucune clause prévoyant un terme déterminé ou déterminable. Ils soulignaient notamment que la clause selon laquelle le pacte resterait en vigueur tant que l’associé majoritaire ou sa famille détiendraient directement ou indirectement 51% du groupe ne constituait pas un terme extinctif mais une condition d’existence du pacte.
Par conséquent, la cour d’appel a estimé que le pacte devait être considéré comme un contrat à durée indéterminée qui pouvait donc être résilié unilatéralement par l’une des parties.