Avant même l’immatriculation de la société, les associés prennent des engagements
Les fondateurs d’une SARL qui se sont engagés avant l’immatriculation de celle-ci à céder des parts de la future société à un tiers qu’ils agréent par avance ne peuvent pas se soustraire à leur engagement en invoquant l’inobservation de la procédure d’agrément.
Les parts d’une SARL ne peuvent être cédées à des tiers étrangers qu’avec le consentement de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts, sauf majorité statutaire plus forte (C. com. art. L 223-14, al. 1).
Deux fondateurs d’une SARL en cours de constitution empruntent les fonds nécessaires à la libération de leurs apports en numéraire en s’engageant à céder une partie de leurs parts sociales au prêteur, qu’ils agréent par avance comme futur associé. Après l’immatriculation de la société, le prêteur demande la vente forcée à son profit des parts sociales promises.
Une cour d’appel refuse de faire droit à cette demande en relevant que le prêteur n’avait pas été régulièrement agréé par les fondateurs aux motifs que ceux-ci s’étaient engagés à une époque où ils n’avaient pas la qualité d’associé et que la procédure d’agrément n’avait pas été suivie faute d’une décision collective des associés statuant sur l’agrément.