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Salle de restaurant, on voit les couverts sur les tables. La salle est vide

CHR : marge, pourquoi il ne faut pas raisonner qu’en marge

Marge, le pourcentage masque la valeur absolue

Et il est très fréquent de dire qu’une crêperie marge à plus de 75%, idem sur une pizzeria, tandis qu’un restaurant ouvrier verra ses marges oscillent entre 60 et 65%.

Pour autant, ces considérations générales ne sont pas des vérités absolues et des nuances dans l’explication du principe des marges doivent être apportée.

À titre d’illustration, la tendance au développement des bars à manger et la multiplication des brasseries locales et artisanales, avec une diversification et une amélioration du rapport qualité prix pour les pressions proposées, se traduit par une baisse des marges en pourcentage, mais pas, et c’est là que se situe notamment la nuance, en valeur absolue.

Le pourcentage de marge et le coefficient multiplicateur est un indicateur de structuration de l’offre, indispensable en sus des fiches techniques pour fixer les prix de vente initiaux et travailler le sourcing auprès des fournisseurs. Mais il n’est pas suffisant et peut même à l’excès être l’arbre qui cache la forêt.

En effet, travailler à l’excès le pourcentage de marche pourra faire oublier les fondamentaux :

la marge en valeur absolue sert à couvrir les autres frais variables (pour l’essentiel le coût de Main d’Œuvre et les frais fixes de la structure, avec une vigilance particulière sur les loyers et charges) et pour finir elle génère le résultat net.

Pour illustrer notre propos

  • un plat vendu 8 € HT avec 80% de marge, générera une marge de 6,4 euros
  • une belle entrecôte de qualité vendue 28 € HT avec une marge à 60 % rapportera 16,80 €.

En outre, commercialement appliquer mécaniquement, des coefficients élevés (3,5, par exemple) pour arriver à une marge supérieure à 80% pourra s’avérer contre-productif. L’exemple le plus classique dans ce domaine, celui du vin

  • un vin moyen de gamme acheté 15 € HT peut se vendre 45 € TTC coefficient multiplicateur de 3 ;
  • le même coefficient appliqué sur un grand cru acheté 120 € rend celui-ci quasi- inaccessible.

Or, un coefficient de 1,8 ou 2, l’aurait sans doute rendu plus accessible et sa vente, même avec un coefficient de 1,8 génèrera toujours une marge en valeur absolue significative : 60 euros.

((120 X 1,8 / 1,2) – 120)

Cet exemple illustre toute la nuance de notre propos.

  1. les grands crus se vendent certes en petite quantité, mais chaque vente génère une marge très confortable en valeur absolue ;
  2. en termes d’image une carte avec des grands crus à des prix « raisonnables » valorisera l’établissement et tirera vers le haut le reste de la carte, justement !

En conclusion, la meilleure formule repose sans doute en un mixte des deux méthodes, conforté idéalement par un suivi régulier de l’ensemble des indicateurs de gestion.

08Juil2026

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